30 mars 2008
11# Ioan
Quand j'ai rencontré Ioan j'étais en plein doute. Je venais d'essuyer trois refus consécutifs, refus polis mais refus quand même, et pour la première fois je prenais conscience de la difficulté de ma démarche. Je peux vous dire que le dimanche après-midi quand le thermomètre affiche -18°C les passants pressent le pas et n'ont pas dix minutes à consacrer à un pauvre photographe normand à la dérive. "Que diable allait il faire dans cette Galère !"...
Bref, c'est sur un trottoir de Câmpeni, coté soleil, que je me suis réconforté un instant auprès de Ioan. Désormais à la retraite, Ioan a travaillé 41 ans pour un combinat forestier mais aujourd'hui l'affaire n'est plus rentable. Ioan se demande qui va exploiter et entretenir à l'avenir toutes les forêts qui recouvrent les massifs de la région. J'ai proposé à Ioan d'aller boire un verre mais comme tout le monde ce jour là Ioan semblait pressé de retrouver la chaleur de son foyer.
Cand l-am intalnit pe Ioan eram in mare indoiala. Tocmai primisem trei refuzuri consecutive, politicoase dar refuzuri, si pentru prima data deveneam constient de dificultatea demersului meu. Pot sa va spun ca duminica dupa masa cand termometrul arata -18°C trecatorii se grabesc si nu au zece minute de consacrat unui biet fotograf normand in deriva.
Pe scurt, pe trotuarul de la Campeni, pe partea cu soare, am stat o clipa langa Ioan. Proaspat pensionar, Ioan a lucrat 41 de ani pentru un combinat forestier dar astazi afacerea nu mai este rentabila. Ioan se intreaba cine va exploata si intretine padurile care acopera masivele din regiune. I-am propus lui Ioan sa mergem sa bem un pahar dar ca toti in ziua aceea si Ioan era grabit sa se intoarca la caldura casei lui.


